Un peu d'Histoire...

NAISSANCE D'UNE BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE
En 1742, l'évêque Jean-Baptiste Massillon lègue sa bibliothèque au chapitre de la cathédrale de Clermont en demandant qu'elle soit accessible au public instruit. Il s'agit de la première bibliothèque ouverte au public à Clermont-Ferrand. Son existence est cependant brève car les collections sont confisquées sous la Révolution. Les collections des communautés religieuses du département (Bénédictins de Saint-Allyre, Carmes anciens et déchaux, Oratoriens, Dominicains et Jacobins de Clermont, Dominicains d'Issoire et de Sauxillanges, Jésuites) et des sociétés savantes sont également nationalisées. Ces différents fonds sont rassemblés et la nouvelle bibliothèque ainsi constituée est ouverte en 1799. Les collections sont la propriété de l’État, mais sont officiellement confiées à la ville en 1806.

Un siècle plus tard, la bibliothèque connaît de nouveau une transformation profonde : sous l’impulsion du bibliothécaire Jules Laude inspiré de l’exemple allemand, la Ville et l’Université unissent par convention leurs deux bibliothèques afin « de faciliter les études des habitants, des professeurs et des étudiants ». En 1905, un bâtiment commun est inauguré au 1 boulevard Lafayette. Ce projet connaît un succès immédiat auprès des lecteurs et une salle réservée à la « lecture populaire », ancêtre de l'actuelle lecture publique, est aménagée. Les collections patrimoniales sont gérées par un département dédié. Mais devant l'accroissement des fonds, les locaux deviennent rapidement trop étroits et plusieurs réaménagements devant être réalisés. En 1994, les collections patrimoniales emménagent dans une extension construite à leur intention, au 17 rue Bardoux. Une passerelle, toujours fonctionnelle, relie les deux structures.
Cette « Bibliothèque Municipale et Interuniversitaire de Clermont-Ferrand » est une expérience rare en France et reste en vigueur jusqu'au début du XXIe siècle. En janvier 2005 avec le transfert de la compétence de la lecture publique à l'agglomération , les deux établissements sont séparés et la bibliothèque du Patrimoine est rattachée au nouveau réseau de lecture de Clermont Communauté.

 

 

DU PATRIMOINE MÉDIÉVAL AU PATRIMOINE CONTEMPORAIN
Les confiscations révolutionnaires ont permis de recueillir un fonds important, cœur des collections patrimoniales conservées aujourd'hui à Clermont-Ferrand. En sont issus de nombreux manuscrits médiévaux, provenant notamment de l'abbaye bénédictine de Saint-Allyre. Mais tout au long des XIXe et XXe siècles, dons, legs et achats successifs viennent progressivement enrichir les collections originelles. Parmi les acquisitions les plus emblématiques prennent place l'achat de 2 500 estampes ayant appartenu à François Boyer (1904), le legs du bibliophile Paul Leblanc (1918), la donation des archives de Georges Desdevises du Dézert (1948), celles de l'écrivain Henri Pourrat (1974) et l'achat de la collection Delaunay (2002) .

Dès son origine, la bibliothèque a cherché à développer un fonds spécialisé sur l'Auvergne. Le bibliothécaire Benoît Gonod achève ainsi en 1849 un catalogue imprimé spécifique à la région, travail enrichi par un de ses successeurs Edouard Vimont. Depuis le milieu du XXe siècle, le fonds Auvergne est en grande partie alimenté par le dépôt légal imprimeur. Ce dernier oblige tout imprimeur professionnel produisant en Auvergne à déposer un exemplaire imprimé à la bibliothèque de Clermont-Ferrand. Ce dépôt concerne aussi bien les livres que les journaux, affiches, cartes postales ou publicités.
La Bibliothèque du Patrimoine de Clermont Communauté est à ce titre une référence dans le domaine de l'Auvergne. Le fonds régional couvre des domaines aussi variés que la littérature, le patrimoine, l’histoire, l’économie, la géographie, la botanique...

La Bibliothèque du Patrimoine est une bibliothèque classée, en raison de la richesse des fonds anciens issus des confiscations révolutionnaires. Ces derniers appartiennent à l’État mais leur conservation et leur valorisation soient confiées à Clermont Communauté.